Séminaire mensuel sur le thème : Quelle société voulons-nous ?

Les membres du Groupe de recherche d’Alsace en philosophie sociale

GRAPhiS —

se réjouissent de vous inviter à la troisième séance de leur séminaire mensuel organisé

sur le thème : Quelle société voulons-nous ? 

Lesamedi 9 novembre, à partir de 14h30,

à l’auditorium du Collège doctoral européen (à côté de la MISHA)

(Campus universitaire, en face de l’arrêt « Observatoire » des trams C, E et F.)

Stéphane Devaux présentera une conférence intitulée :

QUE VEUT LA RÉVOLUTION ?

Le terme de révolution est aujourd’hui galvaudé. Son utilisation abusive, notamment par la communication, nous en fait perdre le sens décisif. Si tout est révolutionnaire, plus rien ne l’est. Hannah Arendt écrit pourtant en 1963, dans son essai On Revolution, que « la révolution demeure notre lot » (« will stay with us into the forseeable future »). Si au contraire la Révolution n’est pas terminée, si de surcroît elle est interminable, comme l’écrit Régis Debray en 1989, alors elle demeure notre question et notre horizon. Elle est l’idée d’une volonté d’alternative, pour faire plier le cours que prennent les choses contre notre gré. Mais cette idée peut s’incarner au travers de formes variées dont certaines constitueraient des impasses, tandis que d’autres seraient comme un trésor perdu à retrouver.

Dans son sens moderne, l’idée de révolution est rupture et renaissance, elle désigne des phénomènes eux-mêmes inédits dans l’histoire de l’humanité. C’est tout du moins ainsi qu’ils sont vécus et perçus à partir du XVIIIème Siècle. Mais il faut faire, selon Arendt, un distinguo entre les deux premiers événements historiques authentiquement révolutionnaires : la Révolution américaine et la Révolution française. Si la première a été une réussite, ce serait seulement relativement à la seconde qui aurait échoué à donner une constitution à la liberté. C’est pourtant la seconde qui semble avoir été le paradigme de la plupart des révolutions à venir, paradigme équivoque et périlleux qui serait, d’après Arendt, transgression de la politique au nom des droits naturels et de la question sociale. Nous nous interrogerons : cette méfiance envers la révolution sociale au nom de la révolution politique n’est-elle pas plutôt la marque d’un renoncement à vouloir combattre la misère et les inégalités sociales ?

Que veut la Révolution ? Quel est son but déclaré et quel est son but souhaitable ? Sa volonté est-elle à même de répondre à notre aspiration d’une nouvelle société ?

La conférence sera suivie d’une discussion.